Dans un système de ventilation, l’air qui s’échappe du réseau avant d’atteindre les bouches est de l’air perdu : il a coûté de l’énergie à déplacer (et, en double flux, à chauffer ou préchauffer) mais il ne remplit jamais sa fonction. C’est tout l’enjeu de l’étanchéité des réseaux aérauliques, un paramètre longtemps négligé et désormais valorisé par la réglementation.
Pourquoi l’étanchéité d’un réseau compte autant
Un réseau qui fuit produit trois effets indésirables : le débit réellement délivré aux pièces diminue, le ventilateur doit tourner plus fort pour compenser (donc consomme davantage), et en ventilation double flux une partie de l’air déjà traité par l’échangeur s’échappe sans profiter au logement. Les fuites rognent ainsi directement le bénéfice de la récupération de chaleur, qui est pourtant la raison d’être du double flux.
Les classes d’étanchéité A, B, C, D
L’étanchéité d’un réseau se classe en niveaux normalisés, définis notamment par les normes européennes NF EN 12237 (conduits circulaires) et NF EN 1507 (conduits rectangulaires). On parle de classes A, B, C et D : à chaque « cran » supérieur, le débit de fuite admissible est divisé par environ trois. Autrement dit :
- Classe A : la plus permissive, fuites les plus importantes.
- Classes B et C : niveaux intermédiaires, de plus en plus étanches.
- Classe D : la plus exigeante, réservée aux réseaux les plus soignés.
Le débit de fuite s’exprime en mètres cubes par heure et par mètre carré de surface de conduit, sous une pression d’essai donnée. Plus la classe est élevée, plus le réseau conserve l’air qu’on lui confie.
Ce que change la RE2020
Dans le calcul réglementaire, l’étanchéité du réseau de ventilation influe sur la performance énergétique retenue. En l’absence de justification, le calcul applique une valeur d’étanchéité par défaut, volontairement pénalisante : le bâtiment est considéré comme s’il fuyait beaucoup. À l’inverse, une mesure sur chantier permet de justifier une meilleure classe et donc d’améliorer le résultat réglementaire. C’est l’une des raisons pour lesquelles la mesure d’étanchéité des réseaux se généralise dans la construction neuve et la rénovation performante.
Cette logique rejoint celle que nous défendons sur l’ensemble du site : une performance supposée ne vaut pas une performance mesurée (voir Rénovation énergétique : pourquoi mesurer vaut mieux que deviner).
Comment mesure-t-on l’étanchéité d’un réseau ?
Le principe est de mettre le réseau en pression (ou en dépression) à l’aide d’un appareil dédié, puis de mesurer le débit nécessaire pour maintenir cette pression : ce débit correspond aux fuites. Rapporté à la surface du réseau, il permet de déterminer la classe atteinte. En logement, le protocole de référence pour mesurer l’étanchéité des réseaux et vérifier le bon fonctionnement de la ventilation est le protocole Promevent. Pour être exploitable, la mesure suppose un réseau accessible et réalisée avant que tout ne soit refermé.
L’étanchéité se joue à la pose
Une bonne classe d’étanchéité ne s’ajoute pas après coup : elle se construit au moment de l’installation. Quelques bonnes pratiques font la différence :
- Limiter le nombre de raccords et de piquages, sources privilégiées de fuites.
- Utiliser des conduits et accessoires à joints intégrés et des produits d’étanchéité adaptés.
- Soigner les jonctions et respecter les règles de l’art du DTU 68.3.
- Prévoir l’accessibilité du réseau pour permettre la mesure et l’entretien.
L’étanchéité va de pair avec deux autres sujets que nous traitons par ailleurs : les déperditions des gaines (les calories perdues à travers les parois) et l’équilibrage aéraulique (la juste répartition des débits). Un réseau performant est à la fois étanche, isolé et équilibré.
En résumé
L’étanchéité des réseaux de ventilation n’est plus un détail de chantier : elle conditionne le débit réellement délivré, la consommation du système et, en RE2020, la performance reconnue du bâtiment. Choisir une classe d’étanchéité ambitieuse, la réaliser proprement à la pose et la prouver par une mesure : c’est ainsi qu’on transforme une ventilation « théorique » en ventilation réellement efficace.
Vous construisez ou rénovez et souhaitez sécuriser l’étanchéité de votre réseau de ventilation à Paris et en Île-de-France ? Nous vous accompagnons sur la conception, la pose et la mesure. Contactez-nous pour en parler.
